 |
19 mars : Fête de Saint Joseph
Protecteur de l'Ordre du Carmel, St Joseph est à un titre tout spécial celui de notre congrégation. C'est pourquoi, le père Georges Auduc a pris le risque de conclure sa retraite, préchée à la communauté de Saint Martin Belle Roche en parlant de cet homme dont on n’a rien dit et qui n’a rien dit .
Qu’est-ce que Joseph peut nous dire ?
-
L’imprévu de Dieu vient bouleverser le cours de nos vies. Joseph avait formé un projet classique, fonder une famille et c’est cela que Dieu vient changer. Sa justice se joue d’abord dans la manière dont il va accueillir l’imprévu de Dieu. Or il obéit. Les verbes actifs qui le caractérisent montrent qu’il est un homme responsable.
-
Le silence de Joseph dans les Évangiles, c’est un silence qui porte sur l’expression publique de ses pensées et de ses sentiments. Joseph pense et il a des sentiments. On en a eu l’assurance quand il constate que Marie est enceinte et qu’il n’est pas dans le coup ! Il se pose des questions et il en souffre. Et ce silence va dans le sens de la mission que Dieu lui confie. Finalement Joseph n’est pas là pour parler, il est là pour agir et pour témoigner.
-
Joseph est étroitement associé à la naissance et à l’enfance du Christ mais aussi à son éducation, à sa formation : Jésus lui doit d’avoir appris un métier (charpentier), de s’être inséré dans la société de son époque ; d’avoir un état civil ; C’est en ce sens que Joseph a pu se montrer un véritable père ; par conséquent il ne faut donc pas minimiser son rôle dans la sainte famille.
-
Joseph n’a pas vu la pleine réalisation du mystère du salut. Avec Jean Baptiste, il ferme la première alliance, il est au bout de la première alliance. En cela c’est un homme du seuil. Son attente est désormais comblée, elle l’est dans la vision béatifique.
L’Église a raison de reconnaître en Joseph un modèle et un intercesseur.
Joseph vient éclairer et parfaire le charisme d’Élie qui est la radicalité, un message sans concession. Joseph vient compléter ce personnage d’Élie par son intériorité, par sa bienveillante attention, par son humilité. On a Élie d’un côté dont la Parole est une parole de feu, et on a de l’autre côté un silencieux, un humble.
Dans le siècle que nous traversons, avec ses difficultés, Élie nous invite à un témoignage brûlant et Joseph nous invite à une obéissance responsable, et dans les deux cas, un choix sans retour. C’est là que nous rejoignons le propos de la Madre :
« Dieu seul suffit ».
Et c’est ma conclusion !
Père Georges Auduc
|